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Biographie de Nadine GORDIMER

Afrique du Sud > Littérature : Nadine GORDIMER

Nadine GORDIMER
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Date de naissance : 20/11/1923 (format : jour/mois/année)

Son parcours :

Nadine Gordimer. Ecrivaine Sud-Africaine. Née à Springs  (Afrique du Sud) le 20 Novembre 1923 et morte à Johannesburg le 13 Juillet 2014 à l'âge de 90 ans.Elle reçoit le Prix Nobel de littérature en 1991.

 

Sept mois après la mort de Nelson Mandela, une autre grande figure de la lutte contre l’apartheid vient de mourir. Nadine Gordimer avait fait sa connaissance en 1964, au moment du procès de Rivonia, avant de devenir son amie et de rester en contact avec lui durant toute sa détention. Elle écrivait le 16 décembre 2013, dans un texte d’hommage pour le New Yorker : « Avoir vécu une vie dans le même temps et le même pays natal que Nelson Rolih-lahla Mandela a été une voie et un privilège dont nous avons le partage, nous les Sud-Africains ».

 

LUTTE CONTRE L’INJUSTICE
Cette même lutte contre l’injustice, les inégalités raciales et la violence furent au cœur de l’œuvre de Nadine Gordimer. Elle écrit à 9 ans sa première nouvelle, après la fouille de la chambre de sa domestique noire par la police ; en 1937, une fable, publiée dans les pages jeunesse du Sunday Express de Johannesburg ; puis des nouvelles, qui paraissent en Angleterre et aux États-Unis en 1948, avant un premier roman, The Lying Days, en 1953. Elle y décrit la vie d’une jeune fille appartenant à la minorité blanche dominante, dans une ville où les Noirs sont discriminés. Le prix Nobel de littérature la couronne en 1991.
 Elle a toujours été une militante anti-apartheid et écrivain très engagée.Dans son dernier roman, « No time like the present » (en français : « Vivre à présent », éd. Grasset, 2013), Nadine Gordimer mettait en scène le désenchantement de ceux qui avaient contribué à abattre l’apartheid et rêvaient d’une Afrique du Sud plus vertueuse que celle dans laquelle ils vivaient désormais, libres mais déçus.

C’était aussi, en grande partie, son propre itinéraire que décrivait cette grande dame sud-africaine qui s’est éteinte dimanche à l’âge de 90 ans.
En 1991, Nadine Gordimer a été récompensée du Prix Nobel de littérature, à la fois pour une œuvre importante couvrant plus d’un demi-siècle d’écriture, mais aussi pour un engagement réel et courageux contre le système abominable de l’apartheid.
 
Tout, pourtant, aurait du la pousser à fermer les yeux, à s’accommoder d’un système qui, s’il était moralement choquant, garantissait à la minorité blanche à laquelle elle appartenait une qualité de vie exceptionnelle. En particulier dans son quartier hyperchic de Houghton, à Johannesburg, qu’on repère aisément quand on est en avion par le nombre de ses piscines...
 
. La littérature lui fit faire le long chemin qui permet de rompre avec le conditionnement de ses origines, et de s’engager du côté des résistants à l’apartheid.
Nadine Gordimer a fait la connaissance de Nelson Mandela au début des années 60, alors que le leader du Congrès national africain passait en procès pour subversion. A sa sortie de prison, en 1990, elle devint sa confidente, comme elle l’a raconté dans un texte publié par le New Yorker à la mort du premier président noir de l’Afrique du Sud à la fin de l’an dernier.
« J’étais incrédule quand Georges Bizos [l’avocat de Mandela, ndlr] me dit que Mandela, à peine libéré, voulait me voir. J’ai du penser, avec la vanité d’un écrivain, que le grand homme voulait parler de “Burger’s Daughter” [“Fille de Burger”, un roman de Nadine Gordimer paru en 1979, mettant en scène la famille d’un dirigeant politique emprisonné, ndlr].
Nous nous sommes retrouvés seuls, quelques jours plus tard, à Johannesburg. Ce n’est pas de mon livre qu’il m’a parlé, mais de sa découverte, à son premier jour de liberté, du fait que Winnie Mandela [alors sa femme, ndlr] avait un amant. Ce choc ne fut rendu public qu’au moment de leur divorce, six ans plus tard. Je n’ai jamais parlé de ça avant [...]. »
Si Nelson Mandela a choisi Nadine Gordimer, écrivaine blanche libérale, comme confidente, c’est qu’il avait une confiance absolue en cette femme qui avait su, dans « Burger’s Daughter », raconter les difficultés de la vie de famille de militants révolutionnaires sans cesse menacés par la prison, contraints de délaisser les leurs pour leur cause...
Etrangement, Nelson Mandela, dans son pénitencier de Robben Island, avait pu lire ce livre largement inspiré de sa vie, et il avait écrit à Nadine Gordimer, par le biais de son avocat, pour la féliciter.
Depuis ces années 60 où l’ANC fut décimée, ses dirigeants emprisonnés, et toute opposition muselée, Nadine Gordimer n’a cessé de témoigner de la réalité de l’apartheid. D’abord dans ses livres, qui ont connu un écho considérable dans le monde entier, y compris en France où de très nombreux titres ont été traduits.

« Un monde d’étrangers », « Feu le monde bourgeois », « Le Conservateur », « Fille de Burger », « Ceux de July », « L’arme domestique »... Autant de titres de romans, et plus de 200 nouvelles, qui ont pour la plupart comme toile de fond cette société sud-africaine prise dans les affres de la ségrégation raciale et cherchant à s’en libérer.
Jusqu’au dernier roman publié, « Vivre à Présent », qui raconte l’histoire d’un couple « mixte », lui blanc, juif, elle noire, et leur enfant métis, mariés à une époque ou c’était interdit par les lois d’apartheid, alors qu’ils étaient exilés et combattants. Leur réinsertion difficile dans la société sud-africaine libérée, au sein d’un groupe d’amis de toutes origines, vivant chacun différemment ce post-apartheid et ses désanchantements.
Nadine Gordimer a aussi beaucoup témoigné politiquement. Elle a publié quantité d’essais, dont certains ont été regroupés dans un recueil publié en plein apartheid, « le geste essentiel » (Plon, 1988, traduit par Jean-Pierre Richard), qui montrent, avec le recul du temps, un engagement sans failles contre le régime de la minorité blanche.

Mais elle était aussi très consciente de la difficulté de n’être « que » un écrivain engagé, et Nadine Gordimer a pris plus de risques dans sa vie que ceux de sa plume. Dans un essai de ce livre, elle écrivait ainsi :
« Les écrivains blancs “simplement écrivains” s’exposent à un reproche voisin : celui de “voler la vie des Noirs” – bon matériau pour leur œuvre. Ils ont autant le droit audit “matériau” que les écrivains noirs, même s’il faut tenir compte de l’importante différence qui les sépare au niveau du vécu et que nul ne saurait contester. Leur geste essentiel ne peut s’accomplir que dans l’intégrité exigée par Tchekov : “Décrire une situation avec tant de vérité ... que le lecteur ne puisse s’y dérober.”
C’est forte de cette haute exigence que Nadine Gordimer a mené sa vie d’écrivain et de Sud-Africaine engagée. Elle disparait quelques mois seulement après Nelson Mandela, son ami, qui partageait les mêmes valeurs qu’elle, alors que tout, a priori, les séparait dans ce pays aux barrières raciales et sociales exacerbées.

 



Dernière mise à jour le 14/07/2014


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