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Biographie de Med HONDO

Mauritanie > Arts : Med HONDO

Med HONDO
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Son parcours :

Med Hondo, de son vrai nom Mohamed Abid Hondo.
Réalisateur, acteur, producteur ,scénariste Français d'origine Mauritanienne.

Med Hondo est né le 4 Mai 1936 à Attar en Mauritanie.
Depuis l'Ecole Hôtelière Internationale de Rabat, au Maroc, où il apprît son premier métier de cuisinier, cinquante ans se sont écoulés !

Cinquante ans forgés au « nomadisme » de ses origines - une famille, qui au gré des mariages ou des guerres, s'est installée au Mali, au Maroc, au Sahara, en Algérie ou au Sénégal.

Cinquante ans d'un regard exercé à l'observation des sociétés et pays qu'il a traversés.

Cinquante ans durant lesquels il se forge une conscience politique citoyenne.


Arrivée en France

Il arrive à Marseille en 1959.De là, il constate le racisme croissant à l'égard des populations migrantes d'Afrique de plus en plus nombreuses.
Mais d'où tient-il son désir de communiquer et d'exposer des idées fortes?- Peut-être de son grand-père paternel qui déclamait des poèmes, psalmodiait le coran, et dont l'éloquence subjuguait l'auditoire.
Peut être des reliquats de ses lectures de jeune adulte ?
Ces livres politiques ou ces paroles de conteurs et de poètes tels Birago Diop, Kateb Yacine. Ces essais, ces ouvrages de Frantz Fanon, Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop et autres.

- Peut être d'un constat ? : « … Sur les écrans, au théâtre, l'Afrique, moi, les bicots-nègres, les basanés, un continent était absent des images du monde. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais absent de cette histoire. Il fallait que je remplisse ce vide »

Arrivée à Paris

MED HONDO arrive à Paris, vit de petits métiers et s'inscrit à des cours de théâtre tout en dévorant les livres de Louis Jouvet et de Stanislavski.

Sa rencontre avec la grande comédienne, Françoise Rosay l'encourage.Après le travail, avec elle, il se perfectionne : « elle m'a adopté, compris et beaucoup aidé »

Vient l'époque où il joue « les classiques » : Shakespeare, Molière, Racine … puis celle où, il décide que les Africains se doivent d'être représentés au théâtre par le biais d'auteurs ou de comédiens.

Il fonde, sa 1ère compagnie théâtrale SHANGO , puis la compagnie GRIOTSHANGO en 1966 avec le guadeloupéen Robert Liensol.

Il met en scène René Depestre, Aimé Césaire, Daniel Boukman puis en 1969, « l'Oracle » de Guy Menga jouée à Paris par des Africains et des antillais.

Sa Vision du Cinéma

Parce qu'il veut laisser des traces et que son art soit aussi un témoignage, Med Hondo va s'intéresser au cinéma.
Son parcours l'appelle à revendiquer la multi culturalité : « Je ne suis pas ici par hasard. Mon oncle est mort pour libérer la France et moi, travaillant ici, je suis chez moi au même titre que les Français qui travaillent en Mauritanie sont chez eux là-bas »

Il dénonce tout autant :La rupture entre « les peuples d'Afrique subsaharienne et ceux d'Afrique du Nord qui se tournent le dos ».L'esclavage, le colonialisme et ses effets.
-Le racisme et les extrémismes quelque soit l'endroit où ils se manifestent. La violence sociale : le chômage, l'exclusion l'injustice du monde.

Et il reconnaît qu'il a certes le choix des armes mais pas celui de se taire.

Dans les pays d'Afrique où ses films sortent, le retentissement est grand. Med Hondo l'explique ainsi : " ce qui crée leur impact … c'est cette soif d'être, cette soif d'eux-mêmes et de leur culture, qu'ont les Africains. Ils ont besoin de se voir, d'écouter leurs langues, de voir des films qui les concernent. "

Mais il regrette que ces pays manquent de structures de production, de diffusion, d'importation et d'exportation pour son cinéma ainsi que de cohésion et de solidarité entre les cinéastes.
S'il ne peut se taire c'est également parce qu'il est convaincu que le cinéma, l'image, participent de la communication et de la culture pour les défavorisés et les opprimés.
C'est une des manières qu'il a trouvée pour œuvrer dans le sens du développement de l'homme.
Faire des films qui montrent ou qui dénoncent n'est cependant pas simple.

Le Dictionnaire de la censure au cinéma (1998), sous la plume de Dominique Douin, rappelle les nombreux efforts qui ont été déployés pour faire « parler plus bas » le cinéaste.

En France, après West Indies : les Nègres marrons de la liberté , Sarraounia , puis Lumière Noire , Watani : un monde sans mal , se trouve lui aussi en butte à la censure. Il est, dans un premier temps interdit au jeune public sous prétexte de la violence de certaines séquences risquant de « heurter la sensibilité du jeune public ». Et ce, malgré l'absence de la moindre goutte de sang dans le film.

Le cinéaste réplique à cela qu'il ne fait que traduire la réalité, loin des scènes sanglantes qui envahissent quotidiennement nos télévisions. A l'inverse, il revendique son propos civique : « …On m'a privé du public pour lequel j'avais directement fait ce film.»

Il fait d'ailleurs l'expérience, un jour, de projeter ce film dans l'enceinte d'un lycée. Un débat a eu lieu avec les élèves qui sont, pour la plupart, enfants d'immigrés ou de sans emplois : le film est plébiscité selon les termes mêmes du proviseur de cet établissement.

Une association africaine ayant fait des démarches auprès d'un ancien ministre de la culture, le film est à nouveau visionné par la même Commission qui, finalement, lui accorde un visa sans restriction.

MED HONDO, qui n'a plus alors les moyens financiers d'engager de nouveaux investissements pour trouver des salles et refaire une campagne de communication, fait ce triste constat : «ils avaient réussi à me briser les reins. Malgré tout, je me relance pour continuer à réaliser des films car je n'ai aucunement l'intention de me laisser faire.»

Il faut d'ailleurs savoir que la plupart de ses films ont eu à faire face à de multiples censures pour des raisons encore obscures. Il n'est cependant pas question de sacrifier le fond à la forme.

Son métier de cinéaste, il le pratique avec une grande curiosité et apporte ses contributions en interprétant des rôles pour d'autres metteurs en scène tels John Huston, Costa Gavras, Robert Enrico, Ken Mac Mullen, Pascal Légitimus … (cf. filmographie)

Et enfin, la voix de Med Hondo … sa voix ! Celle qui révèle l'humour qu'on ne lui prête pas d'emblée en regard de la gravité de ses convictions. Il est la voix française d'Eddie Murphy au cinéma, de Mohammed Ali dans « Les chemins de la liberté » ; il double les rôles principaux dans la série western « Les bannis » , dans les films Roots (Racines), Gandhi (Ben Kingsley), puis encore les personnages de Sidney Poitiers, Danny Glover, et Morgan Freeman, entre autres.

Il donne aussi expression aux personnages de cinéma d'animation pour la série des « Shrek » , le Roi Lion, Nemo … (voir filmographie).

En outre, c'est avec ce métier de doubleur qu'il comble ses dettes de réalisateurs et continue à produire des films librement.

Med Hondo  est une figure majeure du cinéma africain qui agit pour que les volontés politiques françaises et africaines cessent leur œuvre de censure de la réalité sociale et aussi parce que sa réalité à lui est une réalité qui est africaine. « Lorsque je fais des films sur les immigrés, je m'interroge sur la raison de leur présence, leur origine, les raisons du racisme. … Je ne suis ni américain ni français. Je ne fais pas de films sur Jeanne d'Arc parce que ça n'est pas mon histoire. Je considère que devant vivre en France pour des raisons économiques et politiques, je dois profiter de cette situation pour montrer la réalité de ceux qui vivent de l'autre côté de la Méditerranée… »

Aujourd'hui, les cinéastes africains sont inexistants et rasent les murs pour essayer d'obtenir une subvention. Parmi ceux qui nous étaient les plus acquis, beaucoup nous disent qu'ils ont renoncé à tourner des films africains faute de succès.

« Je suis furieux contre nous … à quoi cela a-t-il servi de crier si fort si notre colère était si faible ? … Ne rien écrire, ne rien proposer, alors que nous vivons en France, alors que les cinéastes français soutiennent les sans-papiers et s'agitent contre l'O.M.C (organisation mondiale du commerce). »

Med Hondo combat pour que les pays africains œuvrent en direction du développement des infrastructures et travaillent à l'élaboration et la construction d'une réelle industrie cinématographique.

Il se positionne contre le choix dictatorial des distributeurs et conscient du danger que représente le monopole du marché du cinéma et de la télévision, prône le droit à la dignité et à l'expression pour chacun.

A son avis, il faut que les gouvernements :

-promulguent des lois définissant des politiques culturelles applicables à l'audiovisuel

-garantissent la protection de la production nationale

-fixent des quotas de projection

-favorisent des co-productions sur la base d'objectifs très précis

-protègent les droits des cinéastes, téléastes, réalisateurs et artistes dans la diffusion de leurs œuvres.

Med Hondo  s'interroge. Les questions qu'il se pose, par le cinéma, il tente d'y répondre et de nous amener à une réflexion commune et au partage.
Il écrit et témoigne par l'image pour que le Monde et les citoyens qui le foule puissent prendre part à leurs destinées.

Dernière mise à jour le 24/06/2007


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