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Biographie de Yambo OUOLOGUEM

Mali > Littérature : Yambo OUOLOGUEM

Yambo OUOLOGUEM
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Date de naissance : 22/08/1940 (format : jour/mois/année)

Son parcours :

Yambo Ouologuem (né le 22 Août 1940) est un écrivain Malien.Il fut le premier Africain à recevoir le Prix Renaudot en 1968.

 Né en 1940 à Bandiagara (pays Dogon)au Soudan Français, actuel Mali, Yambo Ouologuem a suivi des études de lettres et de philosophie en France. Membre d'une communauté qui a fait l'expérience de l'oppression raciale orchestrée par les chefs peuls pendant près de cent cinquante ans, il a échappé à l'influence de sa famille qui entretenait des relations étroites avec la caste dirigeante et se bat contre la tyrannie dont sont victimes les musulmans noirs au Sahel. Le Devoir de violence a été publié en 1968 par les Editions du Seuil et a obtenu le prix Renaudot. Le roman a aussitôt fait l'objet d'une violente polémique : Ouologuem a été accusé de plagiat. Les implications juridiques qui suivirent poussèrent l'éditeur à le retirer des librairies. On sait maintenant que ces emprunts étaient signalés dans le manuscrit et que ces accusations étaient totalement injustes.

Mais si Le Devoir de violence a été censuré en France, il est devenu un romant-culte sur le continent africain et il a été étudié dans le monde entier. On doit saluer cette réédition aux éditions Le Serpent à Plumes en 2003.Dans "Le Devoir de Violence" Yambo Ouologuem retrace les sept siècles d'Histoire de l'Empire nakem et de la dynastie Saïf. En l'absence de tout document écrit, les versions des Anciens divergent de celles des griots, lesquelles s'opposent à celles des chroniqueurs et des historiens arabes. La tradition se perd dans la légende et s'y engloutit, mais Ouologuem la fait revivre en dévoilant au grand jour des horreurs que beaucoup auraient préféré oublier.

Le Devoir de violence est un roman qui dérange le déroulement de l’histoire africaine telle qu’elle a toujours été racontée et enseignée. A travers l’histoire fictive de l’empire du Nakem et de la dynastie des Saïfs, des rois mi-juifs, mi-musulmans mais complètement fétichistes, l’auteur décrit une histoire africaine où la féodalité ne débouche pas sur une renaissance mais directement sur une période affreusement barbare et sanguinaire. Elle est marquée par l’esclavagisme sous toutes ses formes : de l’asservissement moral et physique au commerce humain. La descendance de la dynastie s’est singularisée par des règnes où l’incapacité des rois à gouverner, leur paresse et l’oisiveté de la cour sont masquées par des actes cruels. Alliés des marchands arabes et européens, les Saïfs pratiqueront alors l’esclavage en toute impunité.

Le règne du dernier roi, Saïf ben Isaac El Heït, est de loin le plus terrifiant. Défait par les troupes françaises, il use de la magie et de ses serfs pour asseoir le reste de son pouvoir royal et n’hésite pas à avoir recours au crime contre ceux qui mettent en péril l’organisation de sa société archaïque.

La dynastie des Saïfs et le personnage de Saïf ben Isaac El Heït sont des modèles que Yambo Ouologuem met en scène pour montrer que l’histoire de l’Afrique précoloniale n’est pas jalonnée que de personnages mythiques. Il n’existait pas que des Soundjata Keita et des Chaka  Zulu ou alors il faudrait remettre en question leur histoire et les récits connus de leurs vies. Le Devoir de violence représente alors une révision de l’histoire africaine - ce qui en a indisposé plus d’un. Ouologuem fait dire à ses personnages que les guerres tribales, l’esclavage et la corruption étaient répandus en Afrique bien avant le fait colonial. De même, bien qu’imaginaire, le destin de l’empire du Nakem est proche de celui d’Etats et d’empires africains ayant réellement existé : guerres, alliances, dislocation, disparition. Une permanence des événements qui rend Le Devoir de violence terriblement intemporel.

L’ouvrage de Yambo Ouologuem était, en 1968, en parfaite contradiction avec la littérature africaine peu militante de l’époque. Après les indépendances il était de bon goût de magnifier l’Afrique. Le ton parodique employé pour décrire un empire africain était donc à l’opposé de la poésie senghorienne et du politiquement correct. La cruauté des Saïfs était aussi dramatiquement différente de l’épopée de Soundjata. Alors que beaucoup de romanciers négro-africains chantaient la douceur de la terre mère et les valeurs de la négritude, Yambo Ouologuem leur renvoie une image de l’Afrique qui ne rentrait pas dans les canons exigés par les besoins idéologiques de la décolonisation.

Plagiat, parodie historique trop dérangeante ? Cette polémique n’empêchera pas à ce chef-d’oeuvre de la littérature négro-africaine de devenir un ouvrage fondateur. Le Devoir de violence restera dans les annales en raison de l’audace des thèmes abordés mais surtout par l’acuité de leur actualité.

 Après la censure du livre, Yambo Ouologuem connait une véritable cabale médiatique sali par des accusations de plagiat, Il se retire chez lui à Mopti au Mali. Il y vit encore aujourd'hui , loin du monde et tourné vers sa foi.
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Yambo Ouologuem a ouvert la voie à une littérature africaine débarrassée de ce besoin maladif d'une histoire falsifiée. A la lumière de ce qui se passe aujourd'hui dans le monde, Le Devoir de violence est un roman dans "l'air du temps".



Dernière mise à jour le 16/01/2016


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