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Biographie de Moustapha DIMé

Sénégal > Arts : Moustapha DIMé

Moustapha DIMé
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Son parcours :

Moustapha Dimé (1952-1998),était un sculpteur Sénégalais.

Moustapha Dimé est né en 1952 à Louga, au Sénégal. Enfant, il aime le contact avec le bois, son odeur, son toucher, sa couleur. Il se plaît à confectionner des petits personnages à l'aide de ferraille et de fil de fer. Il fréquente, dans le voisinage, des membres de la caste des Laobés qui sont, traditionnellement, des bûcherons, mais qui fabriquent aussi des outils et des ustensiles. Il étudie trois ans l'ébénisterie et rompt bientôt avec sa famille, qui n'acceptera pas de le voir embrasser un métier habituellement dévolu aux  "castés" qui est selon eux une classe inférieure.  En 1968, l'année de toutes les révoltes Dimé part, en 1973, en Gambiepour travailler.Il ira ensuite au Mali, au Burkina, au Ghana, au Togo, au Bénin et au Nigeria, à la poursuite de ses racines culturelles et spirituelles, dévoré par l'envie d'être sculpteur. Pour être un artiste reconnu, il comprend que l'école des Beaux-Arts de Dakar est un passage obligé. Mais l'expérience sera décevante : « Je ne crois pas qu'on puisse enseigner l'art. » Une bourse, obtenue en 1980 grâce au président Léopold Sédar Senghor, lui permet de repartir au Mali pour y apprendre la technique du bogolan, un tissage en bande étroite teint ensuite avec des pigments naturels. Il étudie, sur le terrain, l'art traditionnel : « J'en ai tiré cette leçon : lorsque les Africains ont besoin de lier, ils prennent une ficelle ou un clou. Ils utilisent tout ce qu'ils ont sous la main. De cet art, j'ai retenu cette liberté-là. »

Dimé s'exprime en un mélange d'abstraction et de figuration. À partir de la fin des années quatre-vingt, il n'utilise plus que des matériaux bruts qu'il assemble, et éventuellement, retaille. Il achète aux pêcheurs des carcasses de bateaux dans lesquelles lui seul voit le pied d'un oiseau ou deux amis en conversation. Il ramasse les bois flottés, usés, blanchis par le sel et le soleil, que la mer rejette sur la grève au hasard des tempêtes, des calebasses, des clous rongés par la rouille, de la corde... Loin de désarçonner, ces matériaux créent, au contraire, un lien entre ses « spectateurs » et lui. « En 1993, quand non pas le public culturel mais les gens qui passaient par là ont vu les grandes sculptures que j'avais faites avec des morceaux de barques, ils ont été bousculés. Ce matériau leur parlait. Quand ils ont vu les pilons, les mortiers, les cauris, les calebasses... les gens étaient surpris. Je sentais que les personnages que je fabrique avec ces objets leur étaient familiers. » L'oeuvre d'art est un langage universel, il se trouve là enrichi de la complicité qui existe entre hommes de la même culture. « Lorsqu'un objet trouvé nous parle, c'est qu'il est une force issue de nos propres réserves de vie. »

Le premier paradoxe de Moustapha Dimé était sa rupture sociale, le refus du poids des traditions au profit d'une recherche plus féconde de ses racines culturelles. Le second est son défi religieux. Aux musulmans de la confrérie des Mourides, toute représentation aurait dû être interdite. L'artiste faisait grief à l'islam non seulement de s'être imposé par le sabre, mais aussi d'avoir, depuis le IXe siècle, balayé du Sénégal les représentations totémiques et artistiques. Son reproche s'étendait à la colonisation, qui a achevé l'éradication.

Sur la porte de son atelier, Dimé avait punaisé pêle-mêle quelques images : Le Chien de Giacometti ou La Danseuse de Degas... Mais nulle part on ne trouvait la moindre représentation de sculptures rituelles africaines. Contradiction.

Il avait pourtant beaucoup fréquenté les Dogons de Bandiagara, au Mali. Leur art épuré, leurs formes sobres mais profondément symboliques ont d'ailleurs inspiré ses oeuvres du début des années quatre-vingt-dix. Il n'avait nullement besoin d'avoir sous les yeux ce qu'il possédait dans son coeur et dans son âme. Dimé, ascète et fou de spiritualité, avait fait de Dieu « le point central de sa vie et de son travail ». Mais il se gardait bien d'en tirer orgueil : « Mes sculptures ne sont pas des repères pour les autres comme les totems l'étaient jadis. » Formes maigres, lancées vers le ciel comme des prières, l'art de Dimé a consisté à réduire le geste et à élever l'esprit.

Il nommait ses matériaux « objets retrouvés », parce que grâce à eux il ressuscitait les signes qui permettent à chacun de retrouver, en son for intérieur, ses origines : ethniques ou généalogiques, spirituelles ou mystiques. « Je crois fermement que chaque individu est, par rapport à ses ancêtres, la synthèse de toutes les générations passées. » Dimé avait fini par « retrouver l'Afrique ». Jeune homme privé du moindre enseignement sur l'esthétique africaine, seuls les rencontres et les voyages l'avaient mené, « à tâtons », vers une expression à laquelle participaient et le corps et l'âme. Subtile nuance, Dimé ne cherchait nullement à « être africain » ni à montrer qu'il l'était. « L'Afrique coule en moi. Elle est là en permanence et elle vit dans mes sculptures. » Mais il voulait qu'explosent enfin, pour tous, même pour les Occidentaux, les multiples richesses de sa patrie. Le sculpteur est mort le 30 juin 1998 à Saint-Louis du Sénégal d'un cancer de l'estomac.

Premier prix à la biennale des arts de Dakar en 1992, Moustapha Dimé avait installé son atelier, en 1993, dans un ancien petit fort portugais, sur l'île de Gorée. Il était célèbre au Sénégal et aussi hors des frontières. Il a exposé, individuellement ou dans des manifestations collectives, à Rabat au Maroc et à Johannesburg en Afrique du Sud. Le Museum for African Art de New York et le Segataya Museum de Tokyo l'avaient reçu. L'Europe n'était pas en reste : la France, la Belgique, la Suisse, l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne se sont aussi intéressées à lui. Gustave de Staël, commissaire de l'exposition parisienne, estime l'ensemble de sa production à environ trois cents oeuvres, dont plus de la moitié appartient aujourd'hui à des collectionneurs. .

Dernière mise à jour le 19/07/2007


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