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Biographie de Dilomprizulike DILOMPRIZULIKE

Nigéria > Arts : Dilomprizulike DILOMPRIZULIKE

Dilomprizulike DILOMPRIZULIKE
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Son parcours :

Dil Humphrey -Umezulike ( Alias Junkman , Dilomprizulike) est un artiste Nigérian.

Dilomprizulike est né en 1960 à Enugu au Nigéria.
Dans un pays où les vertus du recyclage sont encore largement méconnues, Dil Humphrey-Umezulike, ou Dilomprizulike, également surnommé Junkman [Chiffonnier], a élevé la récupération au rang d’art et d’étude sociologique. Bouts de ferraille, lambeaux de vieux vêtements et chaussures en bout de course constituent la matière première de ses sculptures. Pour le Nigérian moyen, notamment à Lagos, où Dil tenait une galerie avant de s’installer en Allemagne, cette approche avant-gardiste est déroutante. Comme l’est aussi l’appellation d’“artiste dépotoir de l’Afrique”, donnée à cet ancien professeur de l’université de Benin [à Benin City, dans le sud-ouest du Nigeria]. Remarqué à Dakar [à la 7e Biennale d’art africain, en juin 2006], le travail de ce sculpteur qui donne du sens aux déchets de la vie quotidienne est de plus en plus apprécié internationalement depuis deux ans. Une telle reconnaissance n’allait pourtant pas de soi il y a quelques années, quand l’artiste a créé sa galerie, le Musée-Dépotoir des objets encombrants, dans la banlieue de Lekki, quartier des Nigérians opulents situé près des plages de Lagos. Il avait alors du mal à faire comprendre qu’il était possible de créer en recyclant de vieux vêtements jetés et d’autres rebuts, si faciles à trouver dans la métropole de Lagos, où l’opulence des riches notoirement gaspilleurs côtoie la misère et des conditions de vie épouvantables.

A l’époque, on le comparait souvent à ces universitaires marxistes qui se rendent à la faculté à bicyclette et dispensent leurs cours en jean ou en bermuda, dans une société où les grosses voitures et les vêtements de luxe sont des signes extérieurs de réussite très prisés. A l’instar du grand public, les amateurs d’art et même certains critiques faisaient difficilement la distinction entre les créations de l’“artiste-dépotoir” et le labeur harassant des jeunes garçons qui écument les décharges sous un soleil de plomb pour trouver des objets qui seront revendus à vil prix aux fabricants de papier toilette et de tongs.

Pour le commun des Nigérians, ce dont on ne veut plus appartient aux ordures. Inutile, improductif ! Cependant, dans une cité de cette envergure (la deuxième plus grande ville d’Afrique [15 millions d’habitants] après Le Caire) où hommes et machines se disputent l’espace et où les montagnes de déchets humains et industriels témoignent de l’absence de collecte d’ordures, l’artiste-dépotoir évoque avec force une métaphore où Lagos apparaît comme une poubelle. L’utilisation des déchets de la mégalopole pour créer de savantes sculptures artistiques poursuit le questionnement déjà amorcé en 2005 à la Hayward Gallery du South Bank Center, à Londres, à l’occasion de l’exposition “Africa Remix : l’art contemporain d’un continent” [également présentée à Beaubourg de mai à août 2005]. Comment la société peut-elle se perfectionner dans le recyclage et ainsi améliorer la qualité de l’environnement ? Quel art la société peut-elle retirer du papier, du plastique et de l’aluminium recyclés ? “Ment un cadavre dans la rue, ils se couvrent le nez et la bouche, rien de plus. Personne ne le ramasse.” mon travail touche à la revitalisation, à la rénovation, à la refonte et à la transformation, explique Dilomprizulike. Dans les villes nigérianes, quand les gens voiLa dénonciation de ce type de comportement, qu’il considère indigne tant de la part des individus que de l’Etat, semble imprégner ses expositions les plus récentes, mais avec une approche artistique parfois hors normes.

Lors de la septième édition du Festival d’arts et de littérature de Lagos, en septembre 2005, l’œuvre Nigeria était à cet égard particulièrement instructive. Une voiture récupérée à la casse et remplie de toutes sortes de déchets était poussée dans la rue, tandis que Dilomprizulike déclarait : “C’est le Nigeria que nous poussons.”

L’art de cet homme né en 1960, année où cette ancienne colonie britannique a déclaré son indépendance, est teinté de politique, le plus souvent abordée sous l’angle de la satire. L’anniversaire de l’indépendance, le 1er octobre, est l’occasion pour les multiples groupes ethniques qui composent ce peuple de 130 millions de personnes de faire le point sur la situation du pays. Et ceux qui partagent la même date anniversaire que l’indépendance se retrouvent en première ligne pour critiquer et commenter l’immaturité du pays.

L’œuvre Nigeria s’inscrit dans le régal plastique que l’artiste a commencé à concocter pour l’exposition “Africa Remix”, à Londres. Là-bas, il a entre autres présenté Waiting for Bus, image émouvante qui illustre en relief les étapes et les disparités caractéristiques du développement du Nigeria en particulier et de l’Afrique en général. Réalisée à partir de bouts de ferraille ramassés çà et là, la sculpture représente des hommes et des femmes grandeur nature qui semblent attendre bien plus que le bus - une allégorie de la frustration intense qui peut naître de l’attente éternelle d’une quelconque lueur d’espoir.

Mais, plus que l’espoir sans cesse déçu, c’est une certaine déconstruction de tous ces symboles de l’opulence qui habite les matières chères à l’artiste. Ainsi, le thème récurrent de la voiture-poubelle est une sorte de réminiscence de la philosophie prônée par le héros nigérian de l’afrobeat, le chanteur Fela Anikulapo Kuti, au sommet de sa gloire. Dans les années 1970, alors que l’élite du pays baignait dans l’euphorie de la soudaine abondance apportée par le pétrole et exhibait sa richesse à coups de voitures de luxe, Fela se contentait d’une vieille Mercedes qui lui servait à trimballer du bois à brûler d’un bout à l’autre de Lagos. C’est ce type de pensée déconstructionniste qui marquait l’idéologie artistique antigouvernementale du musicien, et que l’on retrouve de façon saisissante aujourd’hui dans l’œuvre du sculpteur des déchets. En réalité, en matière de rébellion idéologique et de critique sociale, il est difficile de ne pas faire le parallèle entre Fela le musicien et Dilomprizulike le sculpteur.

En avril 2006, l’artiste-dépotoir a pu de nouveau promouvoir l’art, le message et son messager à l’exposition “Ticket to Baboon House”, qui se tenait à l’Institut Goethe de Lagos. Le symbolisme contenu dans les véhicules était encore au rendez-vous pour la troisième exposition de l’artiste dans cette ville, avec une Range Rover, quintessence de l’opulence, transformée en benne à ordures et portant l’inscription : “Ne faites pas de mal au prophète”. Si le prophète, comme dans un retour aux temps bibliques où l’art n’était que sacré, est l’artiste-dépotoir, alors son message ne fait pas de doute. Et, tandis que le Nigeria s’apprête à se lancer dans une nouvelle campagne présidentielle tumultueuse (les élections se tiendront cette année), son message est, si l’on peut dire, de bon augure. Pour cette exposition, Dilomprizulike s’est servi de papiers usagés pour signifier la futilité de l’argent et critiquer une société adoratrice de l’argent et de son pouvoir. Le sculpteur considère l’expression du refus comme l’unique manifestation de vie, et il aime les matières premières qu’il utilise pour leur “capacité à dénoncer la société” dans laquelle il vit. Sans surprise, ses critiques visent les traits propres à l’homme, les relations humaines, la perte des valeurs, la désorientation, le gouvernement, la politique et le monde qui nous entoure. “Bref, tout.”

Dans l’univers de l’art contemporain, en particulier en Europe, où le sculpteur vit aujourd’hui, les objets recyclés ne présentent peut-être pas un intérêt artistique extraordinaire. Mais l’artiste-dépotoir estime que l’attirance de si nombreux artistes africains pour les œuvres de recyclage ou de revitalisation tient d’abord à des aspects pratiques : les déchets sont légion et facilement disponibles, tandis que les matières premières de l’art conventionnel sont rares et coûteuses.

Comparé au légendaire sculpteur ghanéo-nigérian El Anatsui, qui a été son maître, l’artiste-dépotoir de l’Afrique a déjà pris son propre envol. Et il est évident que, pour cet artiste pluridisciplinaire, la meilleure des matières reste le message.


Dernière mise à jour le 15/07/2007


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