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Biographie de Majida KHATTARI

Maroc > Arts : Majida KHATTARI

Majida KHATTARI Majida KHATTARI
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Son parcours :

Majida Khattari née en 1966 est une artiste plasticienne  Française d'origine Marocaine.

Majida Khattari est une artiste plasticienne d'origine marocaine, née à Erfoud en 1966 et diplômée des Ecoles Nationales des Beaux-Arts de Casablanca et de Paris.
Elle utilise souvent le support photographique mais également le vêtement pour parler de la situation des femmes dans le monde musulman. Elle crée ainsi des robes- sculptures qu'elle met en scène dans des défilés-performances, mêlant de façon spectaculaire et antagoniste mode, art et religion.
 

Elle vit et travaille à Paris depuis 1989.
Elle grandit dans une famille très libérale qui la familiarise avec la culture française. Après avoir obtenu son Diplôme de l’École des beaux-arts de Casablanca en 1989, elle poursuit ses études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (Ensba) dont elle sort diplômée en 1995.

Passionnée de peinture classique européenne, elle commence par travailler avec la peinture et la photographie, avant de découvrir le design lors de sa dernière année à l'Ensba. Elle conçoit alors des "robes-sculptures" qu'elle met en scène dans des "défilés-performances". C'est au travers de ces créations qui soulignent la situation complexe des femmes dans l'islam contemporain que la plasticienne se fait connaître en 1996.

Présentées depuis dans de nombreuses manifestations artistiques (en 1997 à la Maison des cultures du Monde à Paris, en 1999 à Tokyo et Düsseldorf, en 2000 au Kunstmuseum de Lucerne, en 2001 au Centre Pompidou à Paris, en 2003 à l'InIVA à Londres), ces créations abordent les problèmes politiques, culturels et religieux à travers la question très large du rôle du voile islamique: "Je tente de comprendre la situation ambiguë de la femme musulmane placée entre sacralisation et menace. L’idée de dessiner des robes qui figurent la situation des femmes dans l’islam contemporain m’est venue en 1995, au moment des polémiques sur le foulard islamique. Je présente ces robes dans des défilés conçus comme des performances (...) mon travail résulte du goût que j’ai toujours eu, depuis mon adolescence à Casablanca, pour le contraste de l’apparat moderne du corps féminin avec les normes de la tradition islamique."

Sa robe "Kacha" est une sorte de tchadri (voile intégral que portent, par exemple, les femmes afghanes) en feutre (on ne peut s'empêcher d'y voir une référence à Beuys), avec des coutures en fil de fer, une "robe irritante et désagréable à porter", qui couvre entièrement la femme qui le porte et dont tout le poids repose sur la tête par un quadrillage de sangles élastiques. Cette création fait partie des vingt-cinq "vêtements-sculptures", illustrant "Les mille et une souffrance du Tchadiri" où le vêtement torture le corps, l'entrave et le blesse.

Il y également les robes qui subliment et sacralisent, même si la beauté et la finesse des tissus et des formes sont souvent contrastées par des éléments soulignant l'oppression, la soumission et l'enfermement; la robe se fait à la fois écrin et carcan : "Les premières robes sont étouffement, lourdeur, gangues oppressantes et protectrices où l'on peut régresser à l'abri, ou atours sacralisés de la vierge sublime". La robe "serpent" est "visuellement séduisante et légère mais lourde à porter". La robe "boulets" est confectionnée avec un tissu extrêmement raffiné, brillant et coloré, mais de nombreux boulets sont fixés à la jupe, transformant chaque mouvement en lutte permanente.

Majida Khattari le souligne, elle décline ses "vêtements sur plusieurs modes, du tragique à la dérision, de l’interdit au désir" et c'est bien de l'ironie tragique que l'on retrouve dans "La mariée de l'église St Bernard", une robe de mariée constituée de cartes de séjours plastifiées cousues entre elles.
L'actualité internationale sert souvent de point de départ à Majida Khattari pour ses créations. Au printemps 2003, lorsque la guerre éclate en Irak, la plasticienne présente lors des grands défilés de haute couture parisiens, puis dans une exposition personnelle à Tulle, de nouveaux "vêtements-sculptures" mettant en scène l'intégrisme, qu'il soit occidental ou oriental, et proposant un regard original sur le conflit. "Le visage des dictateurs" est une burkha qui arbore les portraits sérigraphiés des grands leaders, "la robe puissance" se compose du drapeau américain et de jean, "la robe treillis" est en tissu de camouflage cousu avec fil de fer et enfin "la robe pétition", est un vaste tissu blanc où chacun peut signer pour la paix.

Les dessins de ses robes-scultures sont présentés en 2002 à l'Essor Gallery dans le cadre de l'exposition collective "Mapping the process", en juin 2003 à Londres à l'inIVA (Institute of Visual Arts) lors d'une autre exposition collective, "Made in Paris" (dans une vidéo sur les préparatifs d'un défilé) et les vidéos des défilés font également partie de l'exposition itinérante sur le thème du voile, "VEIL" (organisée en 2003-2004 par l'InIVA en association avec The Iran Heritage Foundation).
Artiste engagée, elle unit de façon spectaculaire et antagoniste l'art, la mode et la religion. Fethi Benslama, psychanalyste et spécialiste de l'islam en Occident, écrit dans un article à propos du travail de Majida Khattari : "C'est une démarche qui, tout en se portant vers l'un des fronts les plus brûlants de l'actualité de l'islam, a su jeter une passerelle entre la situation de la femme comme enjeu théologico-politique et le langage contemporain des arts plastiques (...), une passerelle entre système de répression du corps de la femme et système de la mode"[2].
Outre ses créations de robes-sculptures présentées dans des "défilés performances", Majida Khattari réalise également des installations photographiques et vidéographiques. En l'an 2000, elle crée avec les habitants de Beauvais un calendrier, "Marianne", titre républicain et ironique puisque ses photos tranchent à la fois avec les images habituelles de Marianne et avec celles des femmes habituellement représentées dans les calendriers. Ses Mariannes sont en marge : africaine sans papier, capverdienne seule avec ses six enfants, etc. Elle y associe également calendrier chrétien et calendrier musulman. Elle présente cette installation photographique à l'exposition "Nous nous sommes tant aimés" à l'Ensba en 2000.

Avec l'aide du Centre Pompidou et de la Caisse des dépôts et consignations, elle réalise en 2001 une installation vidéo autour du thème du mariage: Rêves de jeunes filles. En 2002, elle présente l'installation vidéo, "Ici et là-bas ou La maison du retour", à Tulle, une oeuvre qui traite de la situation des familles émigrées en France (dans ce cas une famille portugaise) qui évoluent en permanence entre deux maisons, entre deux cultures.

 




Son site Internet : http://www.majidakhattari.com/

Dernière mise à jour le 21/04/2011


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